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Thursday, 17 February 2011 09:15

Les jeunes des ACP prouvent l’accommodation entre l’agriculture et les TIC

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Le concours de rédaction du CTA sur les jeunes, le développement rural et les TIC a été une expérience qui a mis aux prises des jeunes de divers pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Son intérêt est qu’il renseigne sur des expériences de beaucoup pays. Un membre du jury en l’occurrence Annie Chéneau - Loquay  par ailleurs directrice de recherche au CNRS et responsable de l’Observatoire Africa’NTI (projet de recherche sur les modes d'insertion, les usages et les impacts des technologies de la communication en Afrique) a décliné les enseignements qu’on peut tirer de ce concours.

 

Quel peut être l’apport des TIC dans le développement agricole ?

C’est une question qui n’est pas évidente parce que dans le milieu rural, il y a cette fameuse question de  fracture numérique. Les gens sont moins équipés en mobile et on peut bien se demander comment ces outils peuvent aider l’agriculture ? Mais l’agriculture comme toutes les activités humaines est basée sur la connaissance et l’information. Par exemple, Maureen, une des finalistes du concours d’écriture ARDYIS,  a donné l’exemple d’un jeune en Ouganda qui s’est mis à l’agriculture après avoir regarder une émission télé qui faisait la promotion de l’agriculture fruitière dans son pays. Cette émission lui a permis de savoir qu’il y avait une forte demande des fruits dans son pays qui n’était pas satisfaite. Donc il obtenu une information par la télévision et puis il a tenté l’aventure. Puis,  il a commencé à chercher, à s’informer sur les variétés de la culture fruitière. Il est, ainsi rendu dans un télécentre où il a cherché  sur des bases de données et trouvé des informations sur les plantations fruitières qu’il a essayé d’appliquer dans le démarrage de sa plantation. Egalement pour vendre ces fruits, il avait besoin de savoir comment et à qui il pouvait les vendre. Donc il a téléphoné à un certain nombre de gens pour s’informer sur ces questions. Son téléphone mobile lui a donc servi à avoir accès à un marché plus large pour vendre ces produits.
Pour la gestion de l’eau par exemple, il y a des propositions de faire des cartes de potentialités agricoles avec le Global Position System (GPS). Il est possible de combiner l’utilisation du GPS et les  connaissances propres des agriculteurs.

Y-a-t-il des enseignements qu’on peut tirer du travail des jeunes ?

Il y a eu  quelque chose de frappant dans le travail des jeunes. Dans l’ensemble des écrits, on s’aperçoit d’un paradoxe. Il montre que d’une part l’agriculture est  quelque chose de difficile, avec de multiples  problèmes techniques. Aussi que c’est une activité qui est souvent dévalorisée aux yeux de beaucoup de gens. En plus, il y a ce problème d’accès aux TIC. Mais quand même le fait de pouvoir avoir ces technologies  qui permettent de s’informer, d’avoir un meilleur accès au marché, de connaitre de meilleurs plants entre autre, peut inciter des jeunes à revenir à l’agriculture. Surtout qu’on doit considérer à travers le travail des jeunes que l’agriculture est une activité qui a de la valeur et qui peut être promue.

Avez-vous remarqué une différence entre la perception des jeunes et celle des experts sur le rôle des TIC dans le secteur agricole en Afrique ?

C’est une très bonne idée d’avoir donné la parole aux jeunes. J’ai été très intéressée et enthousiaste d’analyser les 42 dossiers qui nous ont été soumis et venant du monde entier.
En ce qui concerne la perception de la problématique, il faut dire que  l’expertise se nourrit du terrain. Mon expertise se nourrit de mon expérience de terrain et aussi de celle des autres. C’est vrai qu’il y a des expériences que les jeunes ont souligné et que je ne connaissais pas. Donc à partir de ces expériences, l’expert réfléchit à la signification. Nous sommes dans une époque où on raisonne en termes de privé. Et c’est le secteur privé effectivement qui vient installer les téléphonies mobiles et les promeut, mais s’il n’y a pas de politiques publiques  qui suivent, s’il n’ya pas de partenariat élargi  entre les différents types d’acteurs. Il n’y a aura pas de grand changement. Le monde est intégré et il faut des politiques intégrées.

Roukiattou Ouédraogo

Last modified on Thursday, 17 February 2011 09:26