Détentrice depuis l’an dernier d’un Bsc Agriculture, elle se dit qu’elle a bien fait de « prendre ce risque ». Elle explique comment, à l’époque, tout le monde – y compris des professionnels de l’agriculture – la décourageait de suivre cette voie. Soutenue toutefois par ses parents, elle entame trois années très enrichissantes au campus de Réduit. « Au départ, la partie pratique était un vrai défi. On avait un terrain de 50 m² à cultiver, les fourches étaient lourdes, c’était fatigant. Et on n’arrêtait pas de me dire que je devenais trop bronzée ! » Mais petit à petit, elle y prend goût, notamment grâce à des stages volontaires à l’Agricultural Research & Extension Unit pendant ses vacances.
La jeune femme estime qu’il y a un problème de perception à surmonter pour que les jeunes s’intéressent à l’agriculture. « Nos grands-parents étaient laboureurs et pour nos parents, le succès était de pouvoir délaisser la terre. Aujourd’hui, avec les progrès technologiques, le secteur a beaucoup évolué mais les jeunes gardent toujours l’image d’un travail pénible, au soleil, dans la boue… » L’investissement des jeunes serait crucial, dit-elle, pour faire face aux grands changements que traverse le secteur agricole, à Maurice comme partout dans le monde. « Nous sommes entrés dans une phase de transition. Il faudra, d’ici 2050, augmenter de 70 % la production de nourriture et la faire devenir soutenable. » Un défi qui nécessite des compétences et des engagements.
Spécialisée dans l’extension agricole – c’est-à-dire le relais entre les laboratoires de recherche et les agriculteurs – Nawsheen Hosenally est aujourd’hui à l’entame de sa carrière professionnelle. Elle cumule pour le moment deux fonctions de consultante à temps partiel pour des organismes internationaux, le Food, Agriculture and Natural Resources Policy Analysis Network et la Platform for African – European Partnership in Agricultural Research for Development. Elle est également bénévole au sein de la Young Professionals’ Platform for Agricultural Research for Development. Une boulimie de travail au service d’une noble ambition : apporter sa pierre au développement de l’agriculture, à Maurice comme en Afrique.
Originally published by L'Express-Dimanche, 19/06/2012.




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